Soyez gonflé
C’est le premier conseil qu’on puisse donner en matière de séduction, de charme et d’amour épanoui. Si l’on veut plaire, il faut briller, capter l’attention, montrer ce qu’on a à donner. Encore, me direz-vous, faut-il avoir quelque chose à offrir ! Il est vrai que les timides ont tendance à se dévaluer eux-mêmes, habitués qu’ils sont à nier leurs qualités au profit de leurs faiblesses. Mais c’est une erreur de jugement générée par les peurs et frustrations qui les habitent. S’ils voulaient se regarder en toute lucidité, ils verraient qu’au-delà de leurs blocages actuels existe tout un potentiel de richesses intérieures, de rêves et de désir créatif qu’ils n’ont simplement pas coutume de considérer. Oser dépasser le fonctionnement sécurisant de nos habitudes, ne serait-ce qu’un peu, nous libère et nous renforce. Alors on remet ça, on ose à nouveau, avec plus de plaisir et de confiance, et ainsi, de proche en proche, vers plus de liberté et d’audace.
Le timide sait qu’il est limité, piégé par ses craintes. Il souffre de son état, mais comme il est soumis à cette panique qui le menace, il justifie son effacement par quelques mauvaises tentatives soldées d’échecs. Pour renforcer ce point de vue, il aura tendance à tenter des choses particulièrement difficiles pour lui, comme pour s’assurer qu’il va bien échouer. Le timide rêve de liberté en admirant ceux qui sont extravertis, sociables et sûrs d’eux. Mais il se dit que ce n’est pas pour lui et entretient l’idée qu’il est nul, malchanceux et n’a pas les capacités d’être comme il voudrait. Bref, il se crée toute sorte de raisons pour ne pas avoir à faire l’effort de se confronter à ses peurs. En fait, il est souvent mal dans sa peau et jalouse ceux qui ne le sont pas. Son mal-être peut se révéler lors de situations spécifiques ou toucher l’ensemble de son expérience sociale. Dans ce cas, le timide se replie complètement, il a peur de tout ce qui ne lui est pas familier et s’isole.
Mais la plupart des timides ne se trouvent pas à ce point d’isolement. Leur assurance peut se révéler suffisante dans un large spectre de la vie sociale et ne faire défaut que sur quelques points particuliers. Il se trouve que le plan amoureux fait souvent partie des zones sensibles dans lesquelles on se sent plus fragile et moins sûr de soi. Nombres d'enquêtes ont étudié le pourquoi, une foule d'ouvrages ont traité de la compréhension du phénomène. Rien à faire, le timide n’ose pas se lancer. Que peut-on faire ?
Votre timidité révèle vos doutes et votre insécurité. Passer inaperçu n’est pas une preuve d’humilité, mais d’introversion craintive. Cela ne fait que vous détourner de ce que vous êtes vraiment et prive les autres de tout ce que vous pourriez leur apporter si vous osiez vivre vos rêves et défier vos démons. Au départ, tout le monde est timide, freiné par les craintes issues de son vécu. Mais chacun réagit différemment, certains s’effacent et d’autres deviennent effrontés. L’équilibre vient dans l’affrontement des peurs qui mène à l’audace d’être soi. Il faut travailler sur le passé qui nous retient de même que sur l’avenir qui nous appelle.
Comprendre l’origine de nos faiblesses et de nos craintes en nous dissociant de notre subconscient permet en général de les dépasser. Guérir nos blessures passées en nous accordant l’amour dont nous avons manqué, par le pardon et le détachement, nous apaise et nous renforce. Il existe plein d’approches thérapeutiques ou de développement personnel qui proposent des voies intéressantes pour atteindre ces objectifs. En cherchant un peu, chacun trouvera celle qui lui convient. Mais tenter de régler le passé ne suffit pas. En parallèle à ces nettoyages, si importants soient-ils, on oublie fréquemment de créer le présent de manière plus consciente. A quoi bon l’analyse des disfonctionnements anciens si l’on est incapable d’en tirer un enseignement applicable au présent ?
Ici intervient une observation lucide de sa propre existence qui permet de reconnaître, d’utiliser et de développer ses points forts, ses qualités personnelles, voire son génie. Contrairement à ce que les timides pensent et à ce que les orgueilleux croient, nous avons tous en nous des richesses insoupçonnées. Le simple fait d’en prendre conscience peut changer notre vie. Et c’est la source de l’audace. Ayez confiance en l’énergie qui vous anime. Vous êtes plein de richesses à offrir dont vous n’avez même pas idée. Faites ce que vous aimez faire, faites-le du mieux que vous pouvez et offrez-le autour de vous. Vous entrez ainsi dans l’action créative à partir de vos qualités. Ne cherchez pas à ressembler à qui que ce soit, mais soyez vous-même le plus parfaitement possible.
C’est en partant de nos points forts que nous pouvons développer l’assurance et l’audace nécessaires pour accéder à nos rêves. Notre audace nous fait peur, il est vrai. On craint d’être jalousé ou encore d’écraser les autres. Mais finalement, on se méfie surtout du pouvoir que l’on pourrait se découvrir. Accepter ses limites est une part importante de la lucidité. Mais pour que celle-ci soit complète, il faut aussi avoir conscience de son pouvoir. Le timide se soigne en acceptant sa grandeur. Il se la prouve par son audace.
Pourquoi ne pas assumer l’être lumineux que vous êtes ? Bombez le torse, tenez-vous droit, épaules ouvertes. Vous les filles, portez face au monde votre poitrine triomphante, assumez votre corps tout de beauté et d’érotisme. Osez vos bras, vos jambes et vos jupes courtes, comme le sourire et le regard franc qui les justifient. Quant aux mâles, osez être puissants sans être supérieurs, ayez le culot de prendre, sans forcer ce qui résiste. Osez être beaux, joyeux et forts. Refusez la grisaille et la morosité, l’ennui et la monotonie. Osez la surprise, osez jeter vos habits ternes et vous vêtir de couleur et de gaieté. Ayez l’audace d’être heureux face au monde. Ce qui nous retient le plus souvent, c’est notre peur de déplaire, d’être jugé, condamné et finalement abandonné. Mais si l’on ne prend pas le risque d’être qui l’on est entièrement, on ne peut s’attendre à aimer ni à être aimé entièrement.
L’audace est au cœur de l’amour parce que c’est elle qui rend possible les désirs qui nous unissent. Osez les mots tendres comme les mots fous, les mains baladeuses et le geste coquin, le pied explorateur sous la table du restaurant. Cultivez l’audace de vos fantasmes, de vos passions et de vos visions intimes. Vos actes préexistent dans votre désir. Ne les retenez pas, laissez-les surgir, laissez-les vous emporter. Soyez assez sage pour imaginer des folies et assez fou pour les rendre réelles. Il s’agit de sortir de soi pour aller vers l’autre, de quitter sa tête pour entrer dans le tangible. En fait, il s’agit de passer à l’action. Oser dire et faire, oser être cet amoureux attendu qui se révèle d’un érotisme audacieux… Wow ! Qui n’en voudrait pas ?
octobre 2007
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