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Mange

Les hommes qui aiment vraiment les femmes leur mangent le cul avec délice. Ils se régalent de leurs odeurs secrètes, se nourrissent de leurs effluves sacrés. Et se prosternent en adorateurs fanatiques, transis de désir et de gratitude.

Que pourriez-vous attendre mesdames d’un compagnon qui rechigne à vous donner du plaisir ou que votre entre-jambe dégoûte ? Que pourrez-vous en faire ? A moins qu’il soit crispé de gêne et que vous sachiez l’initier, jetez-le aux orties !

Quant à l’amoureux qui vous honore et vous comble, offrez-lui sans retenue le spectacle de votre anatomie et de votre plaisir. Que vous soyez plutôt moule ou abricot, plutôt nature ou rasée ne change rien à l’affaire. Il va vous manger le sexe et tout autours dans un échange de plaisirs divinement complémentaires.

Avant d’être un expert, le garçon va se sentir peu sûr de lui face à cette partie féminine qu’il ne connaît pas. D’autant qu’il a entendu toutes sortes de fables inquiétantes à son sujet qu’il n’a jamais osé vérifier. La peur de l’inconnu, la peur de faire mal ou de faire faux le met à cran. Et ce n’est pas en étant crispé qu’on va s’éclater. Il va falloir faire connaissance avec ce sexe tant convoité et en devenir l’ami. Rien ne remplacera le temps où l’on se découvre l’un l’autre dans une tendre complicité. Ni l’initiation l’un par l’autre aux préférences de chacun. Entrez dans cette guidance réciproque tout en douceur pour éviter de provoquer des blocages malheureux. Communiquez vos désirs et vos émotions jusque dans les moindres détails. Je sais que c’est difficile, mais c’est le seul moyen d’explorer vraiment l’amour et de devenir un bon amant.

Heureusement, le modèle féminin dégage tout de même quelques constantes qui permettent de se repérer dans toutes les nuances propres à chacune de nos compagnes. Le sexe des filles n’est pas plus délicat qu’une autre partie de son corps. Certes, il demande de la douceur jusqu’à l’éveil du désir. Selon les circonstances, cela peut prendre quelques minutes, comme surgir en dix secondes. Avec le désir, la femme lubrifie et les chairs de la zone génitale se détendent. On peut alors jouer avec sans crainte. Oui, jouer, s’amuser de plaisirs amoureux.

Les femmes aiment les caresses tendres qui disent notre respect. Puis elles demandent celles, plus appuyées, qui crient notre désir. Enfin, elles attendent nos franches empoignades qui imposent notre conquête et saluent leur pouvoir d’envoûtement. L’art du cunnilingus, l’art de manger un cul, suit cette chronologie d’intensité qui accompagne le rythme des sens.

« D’abord je veux, avec ma langue… » écarter tes lèvres pour sentir où en est ton désir, interroger ta moiteur. D’une main ferme, attraper ta touffe et tirer ainsi ta peau pour décoller ta chatte de son berceau d’os pubien. Réveiller ainsi ton clitoris et le faire sortir de sa tanière. Je cherche d’une langue furtive le petit bouton rose. Mes mains palpent tes cuisses, caressent ton ventre, attrapent tes hanches et tes seins et courent partout sur ta peau, tandis que mon souffle te chauffe la foune. Pour l’instant je n’entre pas en toi. Je te laisse monter. Tu souffles, tu coules. Ma langue te goûte, mes lèvres te pincent et t’aspirent. De mes doigts j’écarte ta corolle vivement. Je tire tes chairs, je les tords. Je tripote, je palpe tes peaux intimes, molles ou fermes selon les endroits. Mon nez fouille ton entrée et tu commences à te tortiller. Tu t’écartes de plus belle, tu lèves le bassin pour m’inviter à entrer. Je te frotte encore, du nez, du front, des cheveux avant de t’enfiler un doigt, puis deux, dans la vulve ouverte.

Alors d’une bouche goulue je t’aspire le haut du sexe et te garde le clitoris dans le bec pour le lécher au chaud, comme un fou, tandis que je secoue sa racine avec le doigt, de l’intérieur. Je le sens ton clito, comme un mini pénis, comme un petit bâton, une extrémité sur la langue et l’autre au bout de mon doigt, juste à l’entrée de toi, vers le haut. Ton point G que je taquine. Je palpe sa protubérance, le tapote, le presse et le relâche en à-coup. De la langue et des phalanges, je te secoue le sexe et l’âme et tu te laisses emporter de gémissements.

Parfois tu ne bouges plus, tendue et sans plus aucun souffle, comme une statue ou une morte. Avant, ça me faisait peur, maintenant je sais. Je sais que ton énergie monte d’un cran, que tu concentres ton attention sur mes gestes amoureux en attendant la vague qui t’emporte. Que ton corps bouillonne tant, qu’il s’en va hors du temps. Je besogne sans relâche, je veux te rendre folle. Et au besoin de respirer, je réponds d’une pirouette pour te lécher l’anus ou te mordre les fesses. Puis, je reviens de plus belle te secouer d’amour, de crachats et de souffles, à te visser la langue dans le con, à m’amuser de toi, de ton plaisir qui monte et qui finalement gicle à ma bouche.

Tu t’effondres dans un soupir d’aise, avec ton petit sourire de l’amour. Mon désir attend son heure. Confiant. Je te contemple, heureux d’une telle tension et d’un tel apaisement. Je te trouve belle…

avril 2007