Suce
Celles qui aiment vraiment les hommes les prennent à pleine bouche, sans pourtant jamais les engloutir. Une gâterie bien pesée est en équilibre entre prise de pouvoir et soumission. C’est la base d’un art de la fellation qui reste encore mal connu. Sucer comme on aime, quel délice ! Et sucer comme il aime… La pipe superbe honore celui qui la reçoit et anoblit celle qui la fait. Ne vous privez pas madame, pour une fois qu’il est pendu à vos lèvres..
J’en dirai bientôt plus sur le sujet. Mais comme je crois vous avoir mis la salive à la bouche, je vous propose un extrait de texte, écrit il y a quelques années, en guise d’amuse-bouche, si je puis dire.
Extrait de « Nuit d’Amour », théâtre
LUI Je souffle sur ton front pour chasser tes nuages. Que ton ciel s’ouvre à nos espérances bleues. De mes mains, je te saisis la tête et la comprime un peu, en soupèse la masse. Mes doigts se faufilent sous tes cheveux pour te palper le crâne, pour te masser les rêves. Et je sens ton souffle qui se pose, en oiseau fatigué. Quelle distance as-tu donc survolé à la recherche d’un abri ? Repose-toi sur moi. Dans mes bras, dors un peu. Que je sois ta maison, le toit qui couvre ton sommeil. Mon amour, mon amie, merci d’être là. Merci d’exister. Tu me remplis d’aise, car ma vie n’est pas vaine à tant pouvoir aimer.
ELLE Tu es fou. Tes mots sont fous et me bercent de miel. Je les bois, avide, mais ma soif ne tarit pas. Ma langue pointe au-dehors, sort de sa bouche à ta recherche. Elle ondule, en quête de ton haleine, de ta salive. Elle cherche ton oreille, ton cou, le crissement léger de ton menton qui retrouve au matin son poil rebelle. Elle glisse, ma langue, sur tes clavicules et plonge dans la toison de ton torse, à la recherche de petits bouts de seins qu’elle culbute au passage. Va, ma langue ! Continue de fureter sur les courbes de ce corps, dans les plis de ces hanches, entraîne ma bouche jusqu’au ventre, jusqu’à l’aine. Dans ce périple je perds mes baisers. Plonge, ma langue, dans cette toison frisée ! Emporte-moi dans les odeurs sacrées des frondaisons de mon homme, au pied du grand pic, je m’arrête, haletante, désireuse, féline, je vais l’engloutir cette pine, un coup de langue, un spasme de cette belle tendue, j’approche mon visage, la saisi et la retrousse d’un coup, tends la joue pour m’en frapper chaudement, la cale dans mon œil, dans l’aile du nez, avant de l’engloutir, gloutonne, dans ma bouche goulue, contre mes joues dedans, entre mes lèvres qui retroussent les peaux fines, les veines douces, ma langue qui tournoie, ma bave qui trempe ce sexe englouti, bave qui file lorsque je me recule pour mieux regarder ma main qui te branle en reprenant mon souffle, ton corps tout entier tendu de désir. Je replonge pour avaler ta queue, l’aspirer de plus belle en pipe profonde, je la sens tuméfiée, elle transmet les battements de ton cœur… Tu m’attrapes par les cheveux, par le bras tu me retires à toi.
LUI Mon amour, ma salope, tu vas me faire jouir… mais j’ai encore envie de toi. De tout toi, je veux dire. Fais-moi goûter la saveur de ma queue déposée sur ta langue, nos baisers aux épices d’amour.
ELLE Je te veux encore, la folie me guette…
avril 2007
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