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Le sexe au quotidien

Vous avez été 112 à renvoyer vos réponses sur un total de 300 questionnaires diffusés. Plus d’une personne sur trois donc suffisamment intéressée à participer à cette enquête, c’est déjà pas si mal. Cela m’a ravit et encouragé. Merci.

Une cinquantaine de questions était soumise à votre réflexion. L’analyse de vos avis m’a permis de tracer à grandes lignes quelques courants d’idées importants, en particulier dans la classe des 35–55 ans. L’échelle modeste de l’enquête n’empêche pas d’observer certains pourcentages importants ni de préciser la pertinence des questions récurrentes en matière amoureuse.

Voici donc sans prétention et en toute liberté, la synthèse des observations et réflexions qui me sont apparues à l’étude de vos réponses, appuyées aussi de quelques chiffres.

 

Synthèse

Les hommes semblent un peu plus frileux que leurs compagnes lorsqu’il s’agit de dévoiler leur vie intime.

85% des personnes interrogées sont d’origine chrétienne, 12% se disent athées. Les différences de points de vues entre ces deux groupes sont faibles. Les chrétiens sont légèrement plus attachés aux valeurs traditionnelles et romantiques, fidélité, durée dans le temps, sérieux de la relation. Ils ont un peu moins de partenaires, mais ils font l’amour plus souvent. Lorsqu’ils sont engagés, leur libido est à la fête.

Les homosexuels et les bisexuels étaient en trop petit nombre pour analyser d’éventuels comportements spécifiques. A première vue, ils semblent un peu plus libertins lorsqu’ils sont seuls, mais retrouvent la même problématique amoureuse que tout le monde dès qu’ils s’engagent en couple.

Un parent sur deux pense que l’énergie consacrée à ses enfants empiète sur sa vie amoureuse. Les mères sont un peu plus affectées que les pères. Voilà un argument qui plaide en faveur des baby-sitters.

Près de 70% des hommes comme des femmes sont accompagnés ou engagés. Les femmes seules sont un peu plus nombreuses que les hommes seuls, respectivement 24% contre 18%. Si l’on ajoute les séparés aux solitaires, les hommes et les femmes s’équilibrent aux alentours des 30%. L’appellation « séparé/e » est deux fois plus utilisée par les hommes que par les femmes. Le mot étant assez subjectif, on peut se demander si la sensibilité masculine est plus en souffrance dans cette conception de la solitude.

13% des hommes et 35% des femmes ont subi ou vécu des expériences sexuelles traumatisantes ou désagréables. L’enquête ne dit rien de la gravité des faits ou des traumatismes. On peut pourtant observer très nettement que ces personnes sont le plus souvent en quête d’elles-mêmes, qu’elles sont un peu plus craintives et néanmoins plus attirées charnellement. Besoin de toucher, besoin de douceur. Ces personnes ont plus de doutes à propos de leur sexualité et ont tendance à attendre que le partenaire arrange les choses. Mais comme elles se remettent beaucoup en question et travaillent à dépasser leurs angoisses, elles deviennent souvent de très bons amants ou amantes.

18% d’entre-nous sont à la recherche de l’âme sœur. 30% tiennent à faire rimer amour avec toujours et 50% défendent et valorisent la fidélité. Les valeurs traditionnelles sont quelque peu en baisse, mais c’est très clairement au profit d’une liberté et d’une découverte de soi qui mènent au partage sincère et profond des amoureux (77%).

D’une manière générale, la plupart des hommes se sentent désirés et accueillis, bien qu’un sur deux ressente l’incompréhension, l’abandon ou la manipulation. Les femmes sont massivement désirées, mais 20% d’entre elles se disent incomprises et 10% abandonnées ou manipulées. C’est bien le désir qui nous lie, mais on voit qu’il ne suffit pas à la rencontre véritable.

Un grand nombre d’hommes et de femmes ont besoin de s’enthousiasmer et de se sentir en confiance dans leurs relations amoureuses, sans pour autant tout se dire. Nombreux sont ceux qui voudraient être compris sans parler. 80% des hommes et 95% des femmes tiennent d’ailleurs à leur jardin secret. Une personne sur cinq dit ne jamais confier ses désirs intimes à son partenaire. Une autre, sur cinq toujours, le fait aisément. Ouf ! Mais il en reste encore trois pour qui ce n’est pas si évident. Pourtant, tous s’accordent (99%) sur l’importance de la communication au sein du couple ! Communiquer sans tout dire… Hum… Intéressant…

Ce que nous attendons presque tous d’une rencontre amoureuse, c’est un partage sincère et profond. 81% des femmes et 72% des hommes sont d’accord là-dessus. En deuxième position vient la complicité sexuelle, avec pour les filles 54% et pour les garçons 44%. Mais la réalité est un peu différente de nos attentes. Trois quarts des hommes et presque autant de femmes se demandent s’il passent à côté d’une sexualité épanouie (77% et 62%).Et seule une personne sur cinq considère qu’il n’est pas difficile de rencontrer un partenaire qui convient. 56% pensent que c’est difficile, les autres ne savent pas.

La première fois qu’un homme fait l’amour avec une nouvelle compagne, il la découvre avec intérêt, mais aussi avec une certaine anxiété. L’approche est délicate, le stress souvent présent. Ces émotions sont aussi vécues par les femmes, mais de manière un peu moins forte. Les enjeux de performance, de contrôle et de confiance se placent sans aucun doute différemment.

L’attrait de la sexualité concerne quasiment tout le monde et nombreux sont ceux qui y voient une énergie dynamisante. 55% des hommes et 65% des femmes sont positifs face à l’avenir de leur sexualité, y voyant des développements possibles.

Un peu plus de la moitié des amoureux ne s’ennuient jamais en faisant l’amour. Génial, non ? Seul un petit 4% trouve ça franchement rasoir. Cela nous laisse moins d’une moitié de la population qui s’ennuie quelques fois, pensant à autre chose, certains au partenaire de leurs rêves ou plus souvent à leurs soucis quotidiens.

Pour les trois quarts de la population, faire l’amour est un acte agréable. Beaucoup le disent passionnant. Les femmes s’amusent un peu plus que leurs compagnons qui voient dans l’acte sexuel un côté plus sérieux. Les hommes plus que les femmes se considèrent engagés très sérieusement dans leurs histoires amoureuses. Les femmes semblent plus souples, prêtes à s’adapter aux situations qui se présentent.

Avec seulement 3%, les amateurs de sex-toys sont rares. Les hommes à peine plus intéressés que les femmes par ces objets, près de 60% des gens n’abordent même pas la question. Il y a peu de passionnés du porno. Juste 10%, parmi lesquels on ne s’étonnera pas de trouver une large majorité d’hommes. Par contre presque trois quarts de la population visionnent parfois un film, mais seulement 36% des hommes et 20% des femmes déclarent y apprendre quelque chose. Dommage ! A quand les pornos didactiques ?

Une bonne majorité d’entre nous aime son corps avec ses imperfections, mais une femme sur trois souffre de complexes. En tant qu’amants et amantes, la plupart se considèrent comme tendres et attentifs à l’autre, mais bien conscients qu’il a encore des choses à apprendre. 20% des femmes et 13% des hommes se disent être des « bons coups ».

Les hommes font un peu plus souvent l’amour que les femmes. Ils connaissent aussi un peu plus de partenaires. Logique. Un tiers de la population fait l’amour une fois par semaine, un deuxième tiers s’éclate plus souvent encore. 6% des amants disent qu’ils n’arrêtent pas. Les pauvres !… Les moins de trente ans consacre plus d’attention à leurs ébats et les plus actifs doublent les scores : 60% des jeunes en couple font l’amour plus d’une fois par semaine. Wow !

Les hommes rêvent d’une femme érotique et libérée, ou de la femme inaccessible de leur entourage ou de leur magasine. Quant au fantasme féminin, il met en scène un homme romantique et mystérieux, érotique également.

Les amours simultanées sont généralement considérées comme des situations difficiles, pénibles à vivre, voire impossibles à gérer. Seul environ 10% des amoureux sont ouverts à la question et encore moins le vivent de manière naturelle. Le polyamour a encore son chemin à faire…

Les adjectifs choisis pour se définir amoureusement sont très intéressants. Deux personnes sur trois se déclarent romantiques. En deuxième position, les hommes se qualifient de tolérants et les femmes d’idéalistes. Sur quatre personnes, une se trouve timide et une autre libérée. Lorsqu’on voit quelqu’un qui nous plaît, on a envie d’être remarqué et de faire sa connaissance. Seulement 18% des hommes et 8% des femmes ont tout de suite envie de faire l’amour.

Les femmes comme les hommes trouvent les organes intimes du sexe opposé très excitants et attirants. La moitié des amants utilise plus ou moins fréquemment un vocabulaire cru ou grivois. Les mots doux et la courtoisie sont aussi appréciés par un couple sur deux. A noter que grivoiseries et courtoisie ne sont pas antagonistes et sont assez souvent utilisés par les mêmes couples.

Près de 70% des amants explorent les joies du corps et du désir dans la relation amoureuse. Les femmes confient éprouver un mélange de joies et de craintes, se remettent en question et développent leur confiance en elles. Les hommes font le même chemin, mais en moindre mesure toutefois. Ils ont plus de peine à se remettre en question.

La foi en l’amour est majoritairement considérée comme le bien propre à tous les amoureux sincères. Les hommes plus encore que les femmes la considèrent comme une haute vision de la rencontre.

En moyenne, on tend à penser qu’il y a 40% de couple heureux sur la planète. 51% d’hommes et 42% de femmes pensent en faire partie. C’est chouette !

Avec l’âge, les amoureux se calment un peu. Après 60 ans, 25% des aînés sont actifs sexuellement, avec une fréquence plutôt mensuelle qu’hebdomadaire. Les solitaires, toujours en évolution et en développement, sont plus combattifs que les accompagnés, qui profitent d’un confort somme toute bien mérité. Malgré le fait qu’ils sont assez farouchement attachés à leurs valeurs traditionnelles, les seniors continuent à penser au sexe et à rêver d’amour.

Plus de 70% des participants à cette enquête ont trouvé le questionnaire intéressant et pensent qu’une aide extérieure pourrait leur être utile dans leur développement amoureux. Bien sûr, il y a toutes les personnes qui n’ont pas répondu, presque deux sur trois, je le rappelle. Outre les envois oubliés des amoureux distraits, je présume un assez grand nombre de personnes qui n’ont que peu d’intérêt pour la question, qui ont été choquées ou même été blessées, ce dont je serais navré.

Il n’en reste pas moins que parmi ceux qui ont pris la peine de répondre, 80% d’hommes et 73% de femmes seraient prêts à se remettre en question pour améliorer leur vie amoureuse. C’est pas beau ça ?

En tout cas, ça m’encourage. Merci à tous.

décembre 2006